Polar nerveux et chronique sociale, Eldorado est une fresque du Brésil
Brésil, début des années 1950. Le jeune Hélcio rêve de devenir footballeur professionnel. Un potentat local au profil douteux propose de le recruter dans son équipe, mais le père du garçon, tenancier d’un bar-épicerie à Duque de Caxias, dans l’État de Rio de Janeiro, refuse. Il faut dire qu’il a déjà assez d’ennuis comme ça avec son autre fils, Luiz Alberto, qui traîne avec la bande de petits truands du quartier au risque de basculer sans espoir de retour dans la grande criminalité. Mais la Fatalité est sans pitié, et les magouilles de Luiz Alberto vont finir par lui attirer des ennuis, jusqu’à faire exploser la cellule familiale…
Après Écoute, jolie Márcia, récompensé par le Fauve du meilleur album au Festival d’Angoulême, Marcello Quintanilha revient avec un polar néo-réaliste, une histoire tenant à la fois du policier, du drame familial et de la chronique sociale, inspirée par la vie de ses proches – son père a été joueur de foot professionnel. Le scénario retrace l’évolution de la famille au fil des années jusqu’à la décennie 1970, en parallèle avec le récit du basculement du Brésil dans une dictature militaire. Le tout est précédé d’une séquence d’ouverture passionnante retraçant l’évolution de la société brésilienne depuis le début du XXe siècle.