Jérôme Lereculey, dessinateur

Jérôme Lereculey

Jérôme Lereculey est né et a grandi en Bretagne, terre propice aux mythes s’il en est. Soucieux de faire partie du folklore, il devient lui-même très vite une légende bretonne ! Dès son adolescence, il est attiré par le dessin et prend des cours à l’école des beaux-arts de sa ville, Rennes. Il entreprend ensuite des études d’ingénieur textile à Mulhouse mais n’oublie pas sa passion puisque parallèlement aux cours de sciences il prend des cours de nu… Il participe ensuite à divers fanzines qui le fera rencontrer de nombreux autres dessinateurs. Formé par des artistes aussi prestigieux que Michel PlessixLucien RollinChristian Rossi et Patrice Pellerin, il ne cessera plus de travailler par la suite. Lauréat du prix Ballon Rouge au festival de Saint-Malo pour « Nuit Noire », il visite des univers légendaires et participe à un certain renouveau du réalisme avec les séries ARTHUR et WOLLODRÏN aux éditions Delcourt. Il transmet aujourd’hui son souffle épique aux éditions du Lombard, avec la série GOLIAS, au trait d’une précision virtuose !

Comment s’est passée votre collaboration avec Serge Le Tendre ? Sa grande expérience a-t-elle été un plus pour vous ?

J’ai beaucoup d’admiration pour Serge depuis l’adolescence. J’étais très honoré d’avoir été choisi pour travailler avec lui, et à l’usage, on s’entend super bien, c’est l’éclate ! J’apprécie tout particulièrement ses performances de comédien lors des séances de découpage ainsi que son travail d’orfèvre sur les dialogues, qu’il aime à peaufiner à chaque étape.

Quelles sont vos propres influences ?

Je suis très fan de Goossens, Giraud/Moebius, Rosinski, Séverin, Altuna, Flao et plein d’autres. Et surtout du travail de Christian Rossi sur La Gloire d’Héra et Tirésias, deux grandes réussites à tous les niveaux, débordantes de vie, d’humour, de dynamisme et de virtuosité. La grande classe !

GOLIAS marque votre première incursion dans l’antiquité grecque. Même si la série s’inscrit dans la veine fantasy, la représentation de la Grèce antique est très réaliste. Quel a été le travail préparatoire ?

La mythologie grecque, c’est la fantasy de l’antiquité. Comme dans ARTHUR, l’action se déroule dans un contexte historique que j’espère crédible  avec des incursions du fantastique qui me permettront de dessiner toutes sortes de bêbêtes mythologiques que j’ai toujours rêvé de mettre en scène.

Ce qui frappe d’emblée dans Golias, c’est la présence de nombreuses cases de grande voire de très grande taille…

L’utilisation de ces grandes cases permet de ponctuer les scènes, de donner une respiration illustrative à l’action. De plus, c’est très agréable à réaliser.

Quel(s) personnage(s) vous a/ont le plus inspiré ?

Difficile à dire, il sont tous bien caractérisés et intéressants dans leur rôle, une belle galerie de personnages, un vrai plaisir à dessiner !

On sent dans Golias une grande sensibilité à l’esthétique corporelle, notamment avec la sœur de Golias, Aérena.  Pouvez-vous nous parler un peu de cette sensibilité ?

L’anatomie humaine et animale est une préoccupation constante pour moi. La travailler d’après nature est très enrichissant, mais l’étude de la statuaire grecque m’a également passionnée.

Pouvez-vous nous parler de la couverture, notamment le contraste entre le visage grave de Golias et la scène burlesque du satyre poursuivant la déesse nue que l’on devine être Varon et Aérena ?

Nous sommes parvenus à ce résultat après une quinzaine de tentatives. Elle symbolise l’ambiance, le ton et le sujet de ce premier album, mêlant comédie et tragédie, réalisme et fantastique.

Quels sont vos projets ?

Continuer GOLIAS et WOLLODRÏN, ce qui va me prendre quelques années, du moins je l’espère !

Est-ce la naissance d’un nouveau tandem ?

Oui, me voilà bigame !

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