Tome 2 : Le Qua'dj
Le Simoun D’ja, le vent qui arrache la peau, s’est retiré et bien peu nombreux sont les survivants. Pire encore: certains ont été marqués par le Qu’adj, le Démon ! Ce dernier tisse sa toile de destruction tandis que des alliances contre nature se nouent en vue de faire chuter Hierus Halem. Seul Gauthier de Flandres tente d’échapper à cette folie en combattant le mal à la racine. Mais, pour cela, il lui faudra récupérer le Miroir de Syria, le reflet des âmes. Et Syria est déjà aux mains de démons bien trop humains…
Avant-Propos par Jean Dufaux
Nos Croisés sont donc investis d’une mission sacrée : récupérer le corps du Très Vénéré X3 qui repose au cœur du Saint-Sépulcre.En la ville de Hiérus Alem tenue par le sultan Ab’dul Razim, maître du Croissant et des Sables. Pour cela, on lève des armées, on tente des alliances bien fragiles et l’on se range à l’ombre de la Croix qui ne peut vous mener qu’à la victoire.
L’on ne comptera pas les morts, les massacres, les trahisons, les pactes violés. La fin doit justifier les moyens. Aux sages de l’Église de propager leur lumière spirituelle sur cette masse bottée et casquée. Ils auront fort à faire.
Pour se défendre contre cette agression ouverte, voulue, réfléchie, envers l’Islam (c’est du moins ainsi qu’ils le ressentent), les musulmans vont devoir recourir au Jihad.
Au départ, le Jihad ne fait pas partie des cinq préceptes fondamentaux de l’Islam qui sont la foi, la prière, le pèlerinage (principalement vers La Mecque et Médine), le jeûne du ramadan et le versement d’une participation financière à la communauté des croyants. Le Jihad signifie d’abord une réflexion sur soi-même en vue d’un perfectionnement religieux et moral. Une discipline spirituelle en quelque sorte. Mais il peut aussi traduire un mouvement plus radical de lutte armée pour promouvoir l’Islam comme religion universelle. C’est cette seconde notion qui sera portée par des grands chefs militaires comme Nûr al-Dîn, Saladin… et Ab’dul Razim.
Mais il n’y a pas que le Jihad.
Certes, Ab’dul Razim sait qu’il peut compter sur ses hommes, sur la foi qui les anime, sur la bénédiction donnée par le Mufti d’Alkar, sur les tribus menées par Sarek Pacha, il reste avant tout qu’il se trouve sur ses terres, dans son pays, un pays battu par des vents mortels, un pays où se déploient mille sortilèges, mille nuits… car tout est mirage autour de lui, même l’amour.
CROISADE va tenter de décliner ce mouvement : celui d’une poussée historique s’enfonçant dans les sables du mythe, du conte. La Croix se perdant dans les mille et une nuits.
Tant il est vrai que c’est par son tissu culturel qu’un pays peut vaincre l’épée, la grenade, le napalm.
Au désordre chrétien (nous sommes souvent bien éloignés de la foi véritable), à l’appétit des conquérants, s’opposeront la voix de Shéhérazade, les mages, les djinns, les génies, le Qua’dj, monstre abominable qui rampa aux pieds du Christ, les magiciens, les astrologues, les belles ensorcelées et leurs bourreaux cupides, la lampe magique et le tapis volant, l’oiseau rukhk et l’île baleine, tant de venin, tant de désir.
Les nuits arabes explorent les royaumes souterrains et c’est de l’un de ces royaumes que surgira l’effrayante figure du Aa.
Le Aa né des murmures, des regards inquiets échangés entre soldats, la nuit, et ces murmures d’évoquer la silhouette maladive d’un vampire qui aurait décimé sous ses griffes huit preux chevaliers.
La folie guette. Les miroirs déforment l’âme tandis que passe le diable. La Croix vacille, elle peut combattre une armée, elle ne peut vaincre des fantômes. Elle cherche alors des alliances nouvelles qui conduiront à ses portes le Maître des Machines, être monstrueux que tente le jeu politique, ce moyen sûr d’assouvir sa cupidité.
C’est tout cela que raconte CROISADE.
Un conte ou la vie.
C’est sur ce jeu que Shéhérazade remporta la mise.
Jean DUFAUX. Juin 2008.

