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VAINCUS MAIS VIVANTS : L'INTERVIEW DE MAXIMILIEN LE ROY


 

 

 

 

 

 



"Chili 1973. Carmen Castillo et son mari font partie du cercle des proches du Président Allende. Suite au coup d'état du Général Pinochet, ils décident d'entrer en résistance. Installée aujourd'hui en France, elle a fait le récit à Maximilien Le Roy de son histoire, une histoire de clandestinité, d'angoisse, de torture, de loyauté sans faille,...
Une histoire de vaincus. Une histoire de héros."

Maximilien Le Roy a accepté de se prêter au jeu de nos questions concernant l'écriture de son album Vaincus mais vivants, qui sortira le 30 janvier 2015.

D’où est née l’envie de faire une BD sur l’histoire de Carmen Castillo ? Comment la connaissez-vous ?

J’ai vu les films documentaires qu’elle a réalisés (Calle Santa Fe, La Flaca Alejandra…), et j’ai lu les livres qu’elle a écrits (Ligne de fuite, Un jour d’octobre à Santiago, ed. Bernard Barrault). J’ai eu la volonté alors de raconter son histoire en BD. Je connaissais bien l’histoire du Chili, mais le fait de pouvoir y intégrer un personnage réel –et qui plus est, vivant !- m’a vraiment poussé à conter son histoire à elle.

Comment s’est passé votre rencontre avec Carmen ?

Je l’ai contacté sur internet, elle m’a répondu rapidement. Je lui ai dit que je souhaitais adapter son histoire et elle fut partante. Nous nous sommes ensuite rencontrés sur Paris. Nous nous sommes vus par la suite très régulièrement pendant deux ans.
Elle m’a aidé à me documenter, à préciser certains points, m’a mise en contact avec certaines personnes… Toutefois, artistiquement, j’étais libre. Au niveau de la mise en scène, des choix de narration…
Carmen a été une aide précieuse, mais elle n’a pas souhaité devenir pour autant co-scénariste.

On s’est lié d’amitié au fur et à mesure. Je lui ai donné des nouvelles du projet tout le long de sa réalisation, et elle a revu toutes les planches avant leur validation !

Vous êtes habitué à dresser des portraits d’hommes, et plus particulièrement d’artistes (Gauguin), d’auteurs (Thoreau), de philosophes (Nietzsche)… Pourquoi une résistante ?

Ce n’est pas la première fois que je raconte l’histoire d’une personne résistante. Je pense avoir écrit Vaincus mais vivants dans la même veine que Dans la nuit, la liberté nous écoute, l’histoire d’un soldat français en Indochine.
C’est plus journalistique comme approche. Je me sers de témoignage, puis je pars faire du repérage sur le terrain. Et puis, j’aime bien travailler sur des périodes contemporaines.

Mais il s’agit cette fois d’un personnage féminin, en effet. Cela ne change en rien la manière de construire un récit, mais je trouvais cette dimension intéressante dans la mesure où il est assez rare, dans les représentations culturelles, qu’une femme soit au cœur de ce type d’histoires.

 

Étiez-vous sensible à l’histoire du Chili auparavant ?

Oui, bien sûr. C’est même pour cela que je me suis intéressé à ses œuvres, j’éprouvais un fort intérêt en amont pour l’histoire de ce pays.
Au niveau de l’histoire du socialisme, et de notre histoire contemporaine, ces évènements sont vraiment phares. 


L’élection d’Allende, sa proposition d’un socialisme démocratique, ses liens avec le MIR, le coup d’Etat de Pinochet et l’expérience néolibérale qui s’en suivit... J’ai étudié ça depuis des années. Cela fait partie de mon arrière-plan social et politique. 

Que pensez-vous que la BD puisse apporter à un lecteur qui a déjà connaissance des événements qui ont eu lieu à cette époque ?

Il n’y a pas de “scoop” particulier. Le but de cet album n’était pas de retracer, dans ses moindres détails, la présidence d’Allende ou sa chute (il y a des essais historiques pour ça). C’est avant tout l’histoire d’une personne, avec sa psychologie, ses liens avec les évènements, son parcours personnel…

Je pense que Vaincus mais vivants peut se lire à plusieurs niveaux. Les lecteurs qui sont familiers avec l’histoire du Chili découvriront plus particulièrement la vie de Carmen, ceux qui le sont moins pourront en apprendre plus, de manière accessible.

Avez-vous des projets en cours ?

Oui, notamment chez Casterman. Une histoire d’ouvriers et de mineurs, dans le Nord-Pas-de-Calais, dans les années 40, en collaboration avec l’auteur Marion Mousse.

 

Sinon, j’aimerais beaucoup travailler à nouveau avec Loïc Locatelli, le dessinateur de Vaincus mais vivants. Ce fut vraiment un plaisir de travailler avec lui. Il est rapide, curieux, il s’investit dans ses personnages… Et j’aime beaucoup son trait !
Nous avons en tête un scénario avec un peintre, lors de la 1ère Guerre Mondiale, en France… Enfin, ça, ça sera quand nous arriverons à nous libérer un peu de temps !

 

 

 


Merci à Maximilien Le Roy pour ses réponses.

 


Pour aller plus loin :

Lire un extrait de Vaincus mais vivants

Biographie de Carmen Castillo

Critique du film Calle Santa Fe par les Cahiers du Cinéma


 

 

 

 

 

 

 

 

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