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HELL SCHOOL : FIN D'UN CYCLE ! GÉNÈSE DE L'UNIVERS ET INTERVIEW DES AUTEURS À L'OCCASION DE LA SORTIE DU T. 3


logo Hell School

L'histoire

C'est la rentrée des classes à l'institut de l'Excellence, une école privée particulièrement rétrograde, située sur une île de la méditerranée. Les nouveaux élèves se pressent sur le bateau qui les amène vers leur nouvelle résidence. Deux d'entre eux, Hina et Bastien, se distinguent du groupe. ils refusent de participer au "rituel", autrement dit au bizutage, organisé par un ancien, Franck. Leur rébellion va les mettre à l'écart. rejoints par un autre élève, Boris, ils vont découvrir les bizarreries de cet établissement pas comme les autres ainsi que de terribles secrets...
Dès les premières planches, Dugomier et Ers frappent très fort. Le décor est planté : un bateau quitte le port dans le froid glacial de janvier. Á son bord, des adolescents de retour de vacances. L'un d'eux est exclu du groupe. Pire, il est jeté dans la mer... C'est tout un univers qui se dessine, inquiétant et fascinant. un univers en forme de monde clos, planté sur une île d'apparence paradisiaque, abritant un établissement qui ressemble plus à une prison qu'à une école. Trois ados rebelles refusent la fatalité. Hina, Bastien et Boris disent non à l'ordre établi, choisissant la transgression au risque de subir un châtiment cruel, voire de frôler la mort...
Á l'instar de ce qu'il avait imaginé dans Les Démons d'Alexia, Dugomier a construit un récit solide, où les dialogues et les mots, parfois crus et violents, sonnent juste. où les personnages, sympathiques ou inquiétants, traînent avec eux un lourd passé, une histoire compliquée. où le suspense va crescendo pour atteindre une dimension quasi angoissante. Ce très bon scénario est porté par le trait élégant et efficace de Benoit Ers ainsi que par les couleurs tout en symbiose d'Angélique Césano.

Les personnages

Portrait personnage : Hina Portrait personnage : Bastien Portrait personnage : Boris

HINA

C'est la fille aux cheveux bleus, archétype de l'ado rebelle. Elle se distingue des autres élèves par son look et son caractère frondeur.

BASTIEN

Orphelin, ce rouquin aux dreadlocks se demande bien ce qu'il fait dans ce bahut. Il refuse d'entrer dans le jeu des anciens.

BORIS

Le costaud du Jura qui, dans un premier temps, choisit de jouer le jeu du bizutage, se révolte et rejoint le duo anti-rituel.

Portrait personnage : Valérie Portrait personnage : Frank

VALÉRIE

Fille étrange et secrète, elle déteste cette école. Mais sa situation est particulière… Elle voudrait se joindre au clan des anti-rituel, sans succès. Pour l'instant.

FRANK

C'est l'ancien, organisateur du bizutage, appelé le "Président". Il est déstabilisé par le refus de trois élèves de ne pas se plier au rituel.

Bannière interview Ers Dugomier

L'histoire

Benoît Ers : Avant tout, Dugomier met en place un synopsis avec l’idée générale des 3 albums du cycle, qui constitue de squelette de l’histoire. Il s’agit de l’essentiel de l’intrigue, sans les anecdotes : uniquement les points charnière.
Cette première version donne lieu à plusieurs séances de tempêtes de cerveau (ou brainstorm, pour les puristes) pour s’assurer de l’intérêt et de la cohérence de l’histoire. Il faut alors se méfier de la « pollution scénaristique », c’est à dire toutes les intrigues qui ne sont pas forcément indispensables et qui risque de noyer le récit et faire décrocher le lecteur.

Dugommier : Le caractère des personnages est construit dès l’origine, car le cœur de l’histoire évolue autour d’eux. Il y a une sorte d’aller retour entre le caractère prévu à l’origine et la façon dont les personnages réagissent au fil de l’histoire, ce qui impacte leur comportement et par extension, leur caractère.

Bannière interview Ers Dugomier

Recherche des personnages

Benoît Ers : Les recherches de personnages se basent sur les indications de caractères décrites par Dugomier dans son scénario. Le « casting » est la partie que j’apprécie le moins : je préfère les faire vivre ! Valérie fut la plus facile à trouver, tout comme le proviseur dont le premier jet fut quasiment la version définitive. Hina devait à l’origine être davantage typée maori, et davantage revendiquer cette culture dans l’histoire. Ce trait de caractère fut écarté car trop stéréotypé.
Bastien fut le plus difficile à trouver. J’avais une idée du caractère et de ce que le personnage devait inspirer, mais il a été difficile de trouver le juste équilibre dans les traits pour représenter visuellement cette personnalité. On peut voir dans les croquis les prémices du personnage tel qu’il est aujourd’hui, dans les n° 14 et 15 notamment.

Graphiquement, le meilleur moyen de bien s’approprier des personnages consiste à se lancer. Au bout d’une dizaine de page, les traits se précisent et deviennent définitifs. Il suffit alors de revenir en arrière pour assurer la cohérence. Il en va de même pour les nouveaux personnages récurrents qui surgissent en cours d’histoire.

Croquis Hell School

Bâtiments

À l’origine, l’histoire devait se dérouler dans une île de type Cayenne, avec une architecture très marquée par l’époque coloniale. Il s’agit ici de modèles créés avec le logiciel « Google Sketch-up », agencés dans le décor. L’organisation des bâtiments est restée plus ou moins la même, mais les bâtiments eux-mêmes ont évolué.

Au final, le principe de situer l’histoire en Guyane a été écarté car d’une part il semblait douteux d’envoyer des collégiens étudier à l’autre bout du monde et d’autre part, cela obligeait scénaristiquement à cloisonner l’histoire sur l’île

Croquis préparatoires des bâtiments Hell School

Dans le synopsis initial, la maison du proviseur était en haut du promontoire. L’objectif de cette disposition et de la présence du phare est surtout visuel : cela permet au lecteur de bien se repérer dans l’île et de mieux situer l’action.

Dans son scénario, Dugomier avait noté pour ce bâtiment : « une maison qui ressemble à un gâteau ». J’ai donc fait un assemblage à partir de différents morceaux de bâtiments tirés de Sketch-up.
(D.) Pour la maison "gâteau", j'avais demandé à Benoît, une maison qu'on reconnaisse facilement car elle devait revenir à la dernière page et qu'il faudrait faire appel à la mémoire du lecteur. Donc, je lui ai dit juste au niveau descriptif, le dialogue de Bastien enfant "une maison en forme de gâteau". Et voilà ce qu'il a pondu. Clarke, qui bosse dans le même atelier, est jeté un oeil au-dessus de son épaule et à dit sans connaître mon dialogue "Ben, ta maison, on dirait un gâteau" »
(B.E.) En général, je ne modélise que les bâtiments récurrents, uniquement. En l’occurrence, l’île complète n’a pas été modélisée pour ne pas se retrouver bloqué au niveau narratif : ne maîtrisant pas tous les déplacement de Bastien et des différents personnages, je ne pouvais pas créer quelque chose de fini. Seul le bâtiment principal a été modélisé

Maison en gâteau Sketchup

Le mot de l’éditeur, Gauthier Van Meerbeeck

Portrait de Gauthier Van Meerbeeck

« Plusieurs éléments m’ont séduit dans cette série. Plus particulièrement l’étrange alchimie entre l’excellent dessin très "école Marcinelle" d’Ers et le côté parfois sombre et inquiétant des histoires de Dugomier. Les deux auteurs ont su créer un univers à part, à la fois intrigant et accessible.

De plus, Hell School évoque un sujet ambitieux : le rapport des adolescents à l’autorité et au groupe. Comment concilier un besoin de reconnaissance et d’intégration à la nécessité de créer sa propre identité d’adulte et de refuser l’ordre établi ? Ces enjeux sont intégrés à une intrigue très prenante, pleine de suspense et de rebondissements. C'est ce qui fait la qualité de cette histoire. »

Directeur et Hina

Une série en 3 tomes

Visuel T. 1 Hell School Visuel T. 2 Hell School Visuel T. 3 Hell School

Les auteurs

Portrait Dugomier scénariste Hell School

DUGOMIER

À l'instar de toute une génération d'auteurs bruxellois, Dugomier suit les cours d'Eddy Paape, à St-Gilles, au milieu des années 80. Il y fait la connaissance d'une bande de dessinateurs à laquelle il reste fidèle depuis plus de 20 ans. C'est également là qu'il développe son goût pour la bande dessinée jeunesse, goût qu'il a le loisir d'exercer dans les animations de Spirou, qu'il écrit pour ses amis Ers, Mauricet, Gazzoti, Wurm ou Cornette. Il y lance également sa première série, La vie secrète des poubelles, avec Malik. Très à l'aise dans les univers qui ont bercé son enfance, il se fait ensuite remarquer en produisant nombre de gags du Marsupilami et en collaborant à l'écriture de Benoît Brisefer. Dugomier est doué pour ajouter une petite touche de surnaturel au monde de l'enfance — en attestent Muriel et Boulon au Lombard, ou, plus tard, Les Démons d'Alexia, tous deux écrits pour son ami Benoît Ers. Il n’oublie pas pour autant son sens de l’humour avec la série Les Campeurs qu’il publie chez Bamboo, entre 2006 et 2010. Et avec la collection de prestige dédiée à Franquin chez Marsu Productions, qu’il dirige depuis 2005, il se découvre une nouvelle passion pour le travail d’archives rares. Un auteur éclectique ! Il nous revient aujourd’hui avec une nouvelle série, moderne et actuelle, Hell School, un excellent thriller pour adolescents.

Portrait Ers scénariste Hell School

BENOÎT ERS

Déjà tout petit, Benoît Ers dessinait dans ses cahiers d’écolier. A 17 ans, il remporte le concours scolaire de BD à Angoulême. Très vite, il reçoit une proposition de Marsu Productions, chez qui il travaille pendant 6 mois, qui lui permet de s’installer à Liège comme illustrateur indépendant, et de commencer à dessiner pour le magazine Spirou. Un début de carrière plutôt facile et prometteur pour ce jeune auteur, qui rencontre très vite son complice avec qui il va collaborer pendant des années, Vincent Dugomier. A deux, ils créent Muriel et Boulon au Lombard, série humoristique, puis s’engagent sur la piste des Démons d’Alexia, et laissent libre cours à leur envie d’explorer un univers plus menaçant, dominé par les forces du mal. Une belle collaboration, qui fait dire à Benoit Ers : « j’ai fait le scénariste qu’il est, et il a fait le dessinateur que je suis ». On les retrouve aujourd’hui au Lombard, dans Hell School où l’on découvre un univers fait de mystère et de suspense, dans une robinsonnade inquiétante, répondant admirablement bien aux normes du genre.

 
 
 

DUGOMIER, ERS
HELL SCHOOL