http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/the-regiment-l-histoire-vraie-sas/livre-1,3703.html
INTERVIEW DE SARDOU ROMAIN
MAXENCE : L'INTERVIEW DE ROMAIN SARDOU

Menace sur Constantinople

 

An 532. Justinien Ier règne sur l'Empire romain d'Orient. Il rêve de rétablir l'lmperium Romanum. Contre toute attente, le danger ne vient pas uniquement des ennemis extérieurs de Constantinople mais aussi de ses divisions internes. En ce mois de janvier, un accident mortel lors d'une course de chars met le feu aux poudres. En quelques heures, c'est toute la ville qui est en ébullition, menaçant directement Justinien, son épouse Théodora, mais également l'intégrité même de l'Empire. Dans le chaos de la sédition Nika, Maxence, un jeune auxiliaire de l'impératrice, va tout tenter pour sauver sa ville de la guerre civile. Pour sa première incursion en bande dessinée, Romain Sardou s'est associé au talentueux dessinateur Carlos Rafael Duarte, dont le dessin semi-réaliste sert à la perfection ce récit palpitant mêlant géopolitique antique et luttes intérieures. Un album qui pose un regard pertinent sur une période méconnue de l'Histoire, au tournant entre l'Antiquité et le Moyen-Âge, tout en s'inscrivant dans la lignée des grands classiques du genre.

 

Romain Sardou nous livre ici quelques réflexions sur son parcours d'auteur, l'écriture de Maxence et sa passion pour le Constantinople d'autrefois.

 

 

Vous êtes l'auteur d'une dizaine de romans. Pourquoi vous
lancez-vous aujourd'hui dans la BD ?

Je ne préméditais pas depuis longtemps d'écrire pour la bande dessinée. C'est plus une affaire de rencontres, celle de Jacques Pessis et de Gauthier van Meerbeeck. Le premier m'a mis la puce à l'oreille, le second m'a soutenu dans notre premier projet. Je n'étais pas un lecteur assidu de BD, Jacques m'a forcé à aller y voir de plus près, devinant que je serais séduit. Je ne soupçonnais pas combien ce monde avait changé depuis les Alix ou les Blake & Mortimer de mon enfance. Le champ narratif est vraiment excitant. J'ai essayé de rattraper mon retard. J'ai beaucoup lu. J'aime beaucoup le travail de Dufaux, Nury et Dorison. Je me présente aujourd'hui avec beaucoup d'humilité car j'ai bien conscience que, dans l'art du scénario, il y a vraiment des maîtres, et qu'il me reste beaucoup à apprendre !

En quoi l'écriture d'un roman diffère-t-elle de celle d'un scénario de BD ?

En tout. L'écriture d'un scénario de bande dessinée est un genre parfaitement autonome et entier. En cela, il diffère complètement de l'écriture d'un roman, de même que le roman diffère complètement du cinéma, le cinéma du théâtre, etc. Chacune de ces narrations possède ses règles, ses contraintes et ses forces. Il est faux de croire qu'il suffit d'avoir de l'imagination pour passer de l'un à l'autre. Il est encore plus faux de penser que la BD est un genre intermédiaire, à mi-chemin entre le roman et le cinéma. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai rédigé que des romans historiques. Dans un roman, vous pouvez facilement faire “long dans la brièveté”, alors que dans une BD il faut savoir faire “court dans la longueur”.

Maxence prend pour décor l'Empire romain d'Orient au début du VIe siècle. Quels éléments vous attiraient dans cette période trouble et méconnue ?

D'abord les personnages. Théodora est un mythe féminin indépassable. L'empereur Justinien est un géant de l'histoire auquel on doit beaucoup plus qu'on ne croit. Enfin, l'époque est passionnante à faire revivre. L'Empire romain d'Orient, par sa longévité et sa complexité, est moins présent dans les esprits aujourd'hui que l'Empire des Césars de Rome. Pourtant il n'a rien à lui envier. Constantinople a remplacé Rome. Le Christ a remplacé les dieux de l'Olympe. Le grec a remplacé le latin. Pour le reste, ce sont les mêmes luttes de pouvoir, les mêmes intrigues invraisemblables, les mêmes personnages hors du commun...

Sur combien de tomes cette série va-t-elle se développer ?

Aujourd'hui, j'ai en tête le thème et l'intrigue des sept premiers tomes. Assez pour révéler aux lecteurs qui est vraiment Maxence et de quoi sont faites ses relations mystérieuses et ambiguës avec l'impératrice Théodora. Assez aussi pour voyager dans l'empire de plus en plus vaste de Justinien. Seulement tout ça, ce n'est pas à moi d'en décider, mais aux lecteurs.