http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/the-regiment-l-histoire-vraie-sas/livre-1,3703.html
INTERVIEW DE OZANAM
KLAW, L'INTERVIEW D'ANTOINE OZANAM !

Dans ta dédicace, tu évoques un « repas mémorable » au cours duquel vous vous êtes rencontrés, toi et Joël Jurion. Quel souvenir gardes-tu de cette première rencontre ?

 

Klaw T1À part l’ambiance de la soirée, le premier truc dont je me souvienne est d’avoir été subjugué par les carnets de croquis de Joël. C’était vivant et intelligent. J’ai tout de suite eu envie de travailler avec Joël mais je le savais très occupé. Donc, je n’ai rien dit.

 

Tu as dit dans une interview avoir besoin de savoir qui allait dessiner l’histoire pour pouvoir l’écrire vraiment. Le choix de Joël a-t-il orienté KLAW d’une manière ou d'une autre ?

 

KLAW a eu une vie avant Joël. Un autre dessinateur a fait des essais sur le projet dans une version quelque peu différente. Mais la sauce n’a pas prise. Je pense que le scénario n’était pas encore au point. Le déclic s’est fait en pensant à Joël. Quand il m’a demandé si j’avais une histoire pour lui, j’ai repensé à KLAW. Et là, tous les éléments se sont assemblés.

 

 

Bien que marginal, le thème du bizutage se distingue au début du cycle par son traitement particulièrement réaliste dans un album d’aventure fantastique. Comment as-tu voulu aborder ce thème ?

 

Le bizutage est une pratique que je trouve particulièrement stupide. Le faire subir à Ange permettait de vite montrer la dualité du personnage. D’un coté, il est le souffre douleur parfait (pas franchement costaud) et de l’autre, il a un pouvoir.

 

En dépit de la tension ambiante, KLAW n’est pas dépourvue d’humour, que ce soit en paroles - les piques de Dan à l’encontre d’Ange - ou en images - la métaphore « noisettière » du coup de pied bien placé d’Ange au panda p. 29 :-). Est-ce une inspiration commune ?

 

Bizarrement, nous ne nous en sommes pas parlé. En revanche, le dessin de Joël implique cela, je trouve. Et puis l’histoire serait vraiment trop glauque si on ne rigolait pas un peu.

 

Album après album, Ange fait face à de multiples ennemis toujours plus nombreux et nouveaux. Comment construis-tu un récit aussi complexe ?

 

Je ne suis pas sûr que ça soit si complexe.  Mais j’aime bien les histoires qui vont crescendo. Ça permet de bien poser les bases. Puis, quand le lecteur a compris le fonctionnement, on peut aller plus vite et plus fort. (Euh, je réponds à la question ?) Cette fois-ci pour KLAW, l’idée n’était pas de faire de l’expérimental. Je voulais faire un récit le plus limpide qui soit.

 

 

Klaw  - La métamorphose

 

Pourquoi avoir situé l’action en 2031 ? Y a-t-il une signification particulière ?

 

Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord ça permettait que l’on comprenne bien qu’on allait pouvoir tout se permettre. Ce n’est pas un récit de SF mais on a le droit d’inventer des choses qui n’existent pas encore. Et puis, ça permet aussi de ne pas essayer de reproduire le réel (pour les villes ou les véhicules). Le dernier point, c’est un petit clin d’œil que j’ai fait à l’enfant que j’étais. Quand j’étais petit, on nous promettait des technologies de fou pour l’an 2000… Et en fait, il n’y a pas eu de révolution. Du coup, j’avais envie de montrer que d’ici 20 ans il ne fallait pas s’attendre à autre chose qu’à des petits changements. Même si un jour, il y aura bien des voiture qui volent ou des bornes de télétransportation. 

 

Klaw T1

Avant de te lancer dans KLAW, étais-tu féru d’astrologie chinoise ?

 

Voilà quelque chose qui n’était pas présent dans la première version de Klaw. Au départ, Ange était le seul à avoir le pouvoir de se transformer. En cherchant la raison de ce pouvoir, je suis très vite arrivé à la conclusion qu’il devait y avoir d’autres « Dizhis ». Comme j’étais en pleine lecture de la culture chinoise pour un autre scénario, utiliser l’astrologie chinoise m’a semblé une bonne idée.

Après, le fait d’en faire douze triades est dû au fait que la famille d’Ange était déjà liée à la mafia…

 

Peux-tu nous expliquer l’origine du mot dizhi ?

 

La vérité ? Je me souviens plus exactement. Je sais que c’est un mot que j’ai griffonné dans un carnet après la lecture d’un document sur l’astrologie chinoise. Cela évoquait vraiment quelque chose proche de ce que j’avais en tête.

 

 

Au cours du tome 1 et encore davantage dans le tome 2, Franck, le bon copain d’Ange, prend une place de plus en plus importante dans le récit… Confirmes-tu cette montée en puissance  du personnage qui pourrait à terme supplanter Ange ?

 

Supplanter Ange ? Non, quand même pas. Mais Franck est un personnage que j’aime beaucoup. En plus, c’est le genre de personnage qui ressemble à un as dans la poche. Il pourrait ressortir au bon moment pour relancer l’histoire dans un autre sens.

Mais Ange reste le héros de Klaw.

 

Last but not least, pourquoi ce titre, KLAW ?

 

On a pas mal cherché le titre de la série. Claw est sorti sur le tapis. Et Antoine Maurel a proposé ce dérivé. Le « K » étant plus agressif, il correspondait mieux à la série.

  |  KLAW, TOME 4, L'INTERVIEW D'ANTOINE OZANAM