http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/the-regiment-l-histoire-vraie-sas/livre-1,3703.html
INTERVIEW DE DUBOIS, HAUSMAN
CAPITAINE TRÈFLE : L'INTERVIEW DE PIERRE DUBOIS ET RENÉ HAUSMAN

rené hausman

René Hausman, dessinateur de Capitaine Trèfle

 

1) Les questions traditionnelles pour commencer ! Quel lecteur êtes-vous ?

J’ai lu récemment une biographie de Fragonard, Fragonard, l'invention du bonheur par Sophie Chauveau.

C’est un peintre qui a traversé plusieurs époques, plusieurs régimes, ça m’a réellement passionné ! Mais je ne lis pas que des biographies !

livre jungle

Mon livre de chevet lorsque j’étais enfant, c’était Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling figurez-vous. Et aussi La Guerre du Feu de J.-H. Rosny… On reste dans les mêmes thèmes.

Il y a un livre qui est tombé dans l’oubli -encore que son auteur avait du recevoir quelques prix :  Un homme se penche sur son passé de Maurice Constantin-Weyer. 
C’est un western crépusculaire, qui m’a impressionné. Ce fut une lecture déterminante pour moi. On est en plein dans le mythe de l’ouest légendaire, du Far west qui s’étiole peu à peu. Le protagoniste principal est un cowboy, accompagné de son adjoint, un indien du nom de Napoléon. Ils s’aventurent dans le Middle West, en pleine transformation agricole, avec des moissoneuses batteuses et d’autres grosses machines du début du XXème siècle.

Les cowboys arrivent et un petit garçon, l’enfant du fermier s’écrit : « Papa, y’a un cirque ».

Cette scène dépeint bien la dérision de la situation, ce sont simplement des vachers en quête de travail, et il y a un tel décalage…
Ça m’avait beaucoup ému.

 

2) Quels films, romans ou BD vous ont marqué récemment ?

inglorious basterdsRécemment, le film Dans la brume électrique (In the Electric Mist) de Bertrand Tavernier, avec Tommy Lee Jones. Ça se passe dans le pays cajun en Lousiane, mais à notre époque, ça m’a beaucoup impressionné.

Un incontournable même si un peu bateau, car ce film joue avec l’Histoire de manière extraordinaire et qu’il est passionnant de bout en bout, Unglorious Basterds de Tarantino. Tout particulièrement, la scène de la rencontre extraordinaire entre cet officer nazi et la petite juive. Elle se contient, devant l’assassin de sa famille… Cette scène  va au-delà du Tarantino ordinaire, qui fait part de violence parfois un peu gratuite.

 

Je ne lis que très peu de BD par contre ! Je suis resté aux BD de dans le temps, je suis un vieux monsieur !

Les BD que j’affectionne tout particulièrement sont donc celles que je lisais enfant.

Par exemple,  Jojo d’André André Geerts, qui est pour moi la meilleure de toute !

J’aime beaucoup le travail de Frank Pé également.

Plus récemment, j’ai beaucoup apprécié les reprises de Spirou, de Yann et Olivier Schwartz.

Comme La Femme Léopard ou Le Groom vert-de-gris… C’est plein de références qui me parlent beaucoup, évidemment, moi qui ai vécu pendant la deuxième guerre.

 

3) Capitaine Trèfle a d’abord été un roman, publié en 1993… déjà illustré par vous René ! Comment, 20 ans plus tard, êtes-vous passés du roman à la BD ?

C’étaient de petites illustrations en noir et blanc, pour un format de poche.

On en a beaucoup parlé avec Pierre, on hésitait sur le format, on voulait faire un album un peu plus structuré avec de grandes illustrations en couleurs… ou une BD !

 

Pierre a beaucoup pensé aux films de son enfance pour le Capitaine Trèfle, avec le corsaire Errol Flynn dans Captain Blood, dans L’Aigle des Mers...

 

4)  Le Monde de Narnia, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter… Toutes ces œuvres recèlent d’elfes, et autres créatures magiques !
Pensez-vous qu’il y a désormais un public plus large pour ce genre de littérature (contrairement à l’époque de la première parution de Capitaine Trèfle) ?

C’est exact, si Pierre baignait déjà dedans, le public lui n’était pas trop concerné.

Aujourd’hui, les gens ont besoin de spirituel je crois, de surnaturel.

La religion n’a plus, il faut bien le dire, vraiment la côte de nos jours (ou alors ce sont des fanatiques) , il faut bien que les gens se réfugient dans autre chose.
Il me semble, je me trompe peut-être !

5) Cet album est à la croisée de plusieurs mondes : créatures elfiques, mythologie pirate (Hollandais Volant, Kraken…). C’est un exercice difficile de mêler ainsi dans le même dessin toutes ces inspirations ?

Non, vraiment pas pour moi !

Ce qui me serait pénible ce serait de témoigner d’un monde plus contemporain.

Ça, ça ne m’inspirerait pas du tout. Mais là on est en plein rêve, en pleine fantasmagorie, ça va très bien.

J’ai tellement eu des bouquins illustrés étant enfant, j’ai tellement regardé à gauche à droite toute sorte de choses du genre… Et puis je baigne aussi dans une région où le fantastique rural est tout de même vivace… A savoir dans l’est de la Belgique, et dans les Ardennes, d’où était originaire ma grand-mère, qui m’a raconté des histoires, des légendes de nains, gnomes, lutins, fées, sorcières, ondines… C’est très présent dans notre folklore.

 

6) Comment est né le personnage du Capitaine Trèfle ?

Il faudrait plutôt poser cette question à Pierre mais c’est vrai que j’ai eu ma part d’influence aussi. Notez que dans le roman, il le voyait plus comme un marquis poudré, avec des perruques à marteaux, un peu efféminé, un peu gracile…

Je crois que j’en ai fait quand même quelqu’un de moins… équivoque !

En fait si le Capitaine Trèfle devait être incarné à l’écran, je choisirais deux acteurs.

Côté américains, je prendrais Christopher Walken.

Côté français, Vincent Cassel !

7) Vous avez l’habitude depuis longtemps de travailler ensemble ! Comment procédez-vous ? Votre façon de collaborer a évolué ces dernières années ?

On travaille ensemble depuis 1973 et on a fait pas mal de choses ensemble, c’est vrai.

Pierre m’avait scénarisé Laïyna à l’époque. Il y a eu aussi Le grand fabulaire du petit peuple pour Spirou, des chroniques dont les textes ont été repris pour L'Encyclopédie des lutins chez Hoëbeke. Et bien sûr L’Elféméride chez le même éditeur. Et différentes autres petites collaborations !

Mais il m’arrive de faire des choses tout seul aussi ! J’avais commis une BD sur la préhistoire, encore cet effet « guerre du feu » qui ne m’a pas abandonné. Il s’agit des Chasseurs de l’aube (Dupuis). Une petite anecdote, selon les paléontologues, c’est la BD la moins mauvaise qu’on ait faite sur le sujet… C’est un  grand compliment pour moi !

Pour revenir à Capitaine Trèfle, on s’est beaucoup rencontrés pour le roman bien sûr, mais pour la BD, j’avais la bride sur le cou, Pierre m’a dit « Tu fais ce que tu veux ! ».

"Malheureusement", son texte est merveilleux, il y a une petite touche surréaliste dans son texte qui était pratiquement impossible dans mon cas à rendre en dessin. C’est plus une BD d’aventure du coup. J’ai essayé de garder au maximum toute sa façon de ciseler les phrases, d’écrire, de cette magie des mots qu’il maitrise à merveille.

J’avais une base magnifique !

8) Vous avez d'autres projets en cours ?

Ça me fait très plaisir ce que je fais là en ce moment parce que c’est un hommage à un ami de longue date qui malheureusement n’est plus là, qui est Raymond Macherot, l’auteur de Chlorophylle, de Sibylline, de Chaminou

Lui aussi est un peu tombé dans un oubli immérité.

C’est une commande des éditions du Lombard d’ailleurs, un bouquin à propos de Chlorophylle avec Jean-Luc Cornette, c’est une reprise mais à ma façon, ça n’a plus rien à voir avec le Chlorophylle de Macherot !

 

chlorophylle   

pierre dubois

Pierre Dubois, scénariste de Capitaine Trèfle

 

1) Quel lecteur êtes-vous ?

stevenson ile trésorJe partirais pour commencer de mes lectures d’enfance.

Quand j’étais gamin, on nous faisait du bourrage de crânes ! Dès qu’on me surprenait avec un bouquin, on me disait « Tu vas t’abîmer les yeux ! », « Tu n’as rien d’autre à faire ? Va donc travailler ! ». Du coup, je lisais des livres en cachette ! On s’en prêtait avec d’autres camarades… Ça devenait quelque chose de magique, de secret…

Il y avait des BD en petit format, mais pour moi, les grands frissons c’était surtout L’Ile au Trésor de Stevenson, les livres de James Fenimore Cooper, comme Le Dernier des Mohicans, qui m’ont poursuivi toute ma vie, Peter Pan par J.M. Barrie...

J’emprunte cette expression à Michel Le Bris (grand spécialiste de Robert Louis Stevenson et directeur du festival littéraire de St-Malo), je n’aime pas la littérature 3 pièces cuisine !

J’aime le fantastique, l’aventure ! Les contes par exemple.

Les études sur les fées, les lutins aussi.

Ceux de l’elficologue Gaston Bachelard, quand j’ai un coup de blues, je le lis, et je me sens bien.
Ce qui relève de la philosophie, de l’air, de l’eau, la nature… et la nature intérieure.

Et puis aussi la littérature anglaise féminine : Mary Webb, les sœurs Brontë, Jane Austen,…

Je trouve qu’en général dans le fantastique, ce sont les femmes qui en parlent le mieux. Elles ne le fabriquent pas, elles le ressentent. C’est intime, profond. Elles sont moins cons tout simplement.

 

2) Une BD, un film, vous a marqué récemment ?

rose flèchePour ce qui est des BD, Fox-Boy : La Nuit du renard de Lefeuvre et puis Le vent dans les sables, de Plessix.

Pour les films, un de Dustin Hoffman, qui a lieu en Angleterre, avec Maggie Smiths et Tom Courtenay, qui s’appelle Quartet. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

Un de mes autres films cultes, La Rose et la flèche, de Richard Lester. On y voit un Robin de Bois vieillissant, toujours amoureux fou de sa Marianne. Il lance une flèche en l’air, et dit à Petit Jean « Là où elle retombera, tu nous enterreras. ». Et la flèche s’élève, s’élève, et ne retombe pas…

Egalement, un très bon film, La nuit du Chasseur, de Charles Laughton. Je porte d’ailleurs un T-shirt à l’effigie de Mitchum en ce moment-même.

Ah, et également, La part des anges, de Ken Loach.

 

3) On dirait que vous entretenez un rapport bien particulier avec l’Angleterre !

Ah ça oui ! J’aime ses paysages, son état d’esprit… C’est sauvage. Bien plus que la France, et pour vous en rendre compte, il n’y a que regarder les jardins !

En France, tout est calculé, tondu, géométrique. Les jardins sont fermés, il y a des grilles… Au cas où un arbre s’évade, sait-on jamais ! On referme la nature en somme.

Même les cimetières sont différents. On laisse la nature rentrer dans les cimetières, les jardins, elle peut rejoindre la forêt.  En France, c’est asphalté, gravilloné… ça ressemble à un parking. En Angleterre, il y a de l’herbe qui pousse sur les tombes… J’ai déjà vu un poney mettre bas sur une tombe là-bas !

Ça vit !

 

Les anglais ont eu Shakespeare, Stevenson, Walter Scott, Brontë, Peter Pan, Lewis Caroll…

Nous on a eu Voltaire. Pas de fantaisie en somme.

Leur littérature est plus portée vers la nature, moins conditionnée.

Eux, ils ont les livres illustrés. Une imagerie merveilleuse, fantastique.

Après, c’est vrai que nous, nous avons les BD.

Je trouve d’ailleurs que la BD contemporaine est plus inventive qu’auparavant, elle va plus loin, elle est plus libre, notamment au niveau du graphisme.

Pour moi, c’est comme ça qu’on est libre maintenant dans l’art : en BD… ou sur les murs.

 

4) Capitaine Trèfle a été initialement publié en 1993, sous forme de roman. Comment êtes-vous passé du roman à la BD ?

A cette époque, il n’y avait pas encore beaucoup de littérature illustrée… Ou du moins, les illustrations étaient un peu « tristouilles ».
Quand j’ai écrit Capitaine Trèfle, j’avais à l’esprit le cinéma des années 50 en technicolor, avec Captain Blood…

J’avais vraiment la volonté d’illustrer le roman !
Mais la plupart des éditeurs n’étaient pas prêts pour ce genre de choses… La féerie était à peine intéressante pour les enfants, et donc encore moins pour les adultes.

Finalement, j’ai proposé un manuscrit, avec des petites illustrations en noir et blanc de mon ami René Hausman à un éditeur de Casterman un peu différent des autres, un peu poète…

Et puis on a fait Laïyna ensemble avec René, on se disait qu’un jour peut-être, on ferait Capitaine Trèfle en bande dessinée. Et René est venu finalement  vers moi, m’a dit qu’il s’en occupait, que je ne devais toucher à rien ! Je n’ai même pas scénarisé le roman pour les besoins de la BD… J’ai laissé faire !

René a su prendre la musique de mon texte, ses images sont nées de ce qu’il recevait du texte. Voilà, je pense que l’album a un côté très sentimental, né de la sorte de communion magique qui existe entre nous deux.

Et puis le langage dans Capitaine Trèfle est très tarabiscoté, avec des mots inusités, dignes des contes de fée… J’estime qu’ils sont fait pour chanter, pour les lire tout haut !

C’est un vieux texte, aujourd’hui je ne l’écrirai peut-être plus comme ça. C’est touchant pour moi, un vrai retour en arrière.

Le premier Capitaine Trèfle était une sorte de Fanfan la Tulipe, de Scaramouche, de spadassin des étoiles, de baron de Münchhausen… Il a vieilli depuis. Nous avons vieilli. Le texte n’a pas changé, mais Capitaine Trèfle, si.

C’est assez terrible pour moi ! Il jure au rondon de la lune de ne jamais mourir… mais il vieillit !

C’est comme le Capitaine Crochet… Pourquoi a-t-il peur du Crocodile ? Parce qu’il fait tic-tac, parce qu’il lui a déjà bouffé la main et qu’il attend de manger le reste !

Peter Pan, lui, ne vieillit pas.

Capitaine Trèfle est rattrapé par le temps, il repart chercher sa figure de proue, l’âme de son navire, ce qui le fait avancer… Comme Peter Pan repart toujours à la recherche d’une Wendy qui n’existe pas.

 

5) Justement, d’où est né le personnage de Capitaine Trèfle ?

 

Oh, je crois avoir répondu en partie à la question !

Ce serait donc un mélange de Robin des Bois et de Münchhausen. De Scaramouche… Un bretteur, un spadassin, un chevalier, un séducteur…

Dans cette histoire, vous retrouvez des pirates, des indiens, un magicien du Moyen Age…

En fait j’ai mélangé les personnages des livres que j’aime !

Il y a aussi la jolie princesse. Une fille fragile, Viviane et Merlin… l’amour impossible.

Lola, la figure de proue, est l’idéal féminin.

Vous remarquerez que dans les contes de fées, le héros n’atteint la royauté que parce qu’il épouse la fille du roi !

Et encore plus dans les contes celtes, la femme est l’initiatrice, le destin, la fatalité, la marraine… ce vers quoi tu tends.

D’ailleurs, fée vient du latin fatum, le destin.

Capitaine Trèfle aime forcément une femme comme ça.

 

lola

 

Enfant, je le sentais déjà ce personnage. C’est un voyage en enfance, l’île enchantée de Peter Pan, le miroir d’Alice, avec tous les mythes fondateurs, qui parlent de rêverie et de liberté !

 

C’est pour ça que je n’associe pas Capitaine Trèfle à d’Artagnan par exemple… Le mousquetaire est au service du Roi, il n’est pas libre ! Robin des Bois est au service de la forêt, de la veuve et de l’orphelin.
C’est l’esprit rebelle de la forêt, l’écologie sauvage.

 

6) Le Monde de Narnia, Harry Potter, le Seigneur des Anneaux… Si le public n’était pas prêt il y a encore quelques années, c’est loin d’être le cas actuellement ! D’où vient ce nouvel engouement pour le fantastique selon vous ?

 

C’est un phénomène régulier ça, l’attirance pour le fantastique… et la croyance dans les fées.

Les anciens expliquaient tous les phénomènes par des mythes… On avait peur du froid perpetuel, que le ciel nous tombe sur la tête, que l’été ne revienne jamais. On ne parlait pas en termes de saisons avec le calendrier, c’est l’hirondelle qui annonçait le retour des beaux jours.

Aussi, il y a beaucoup de contes saisonniers. Les belles dormantes, telles que Blanche Neige, la Belle au bois dormant, en sont le parfait exemple. Ce sont des symboles de la nature, qui dorment à cause des sorcières, symboles de l’hiver.

 

Et puis est apparu l’Eglise, et sa culture régularisée, fabriquée, avec une seule tête.

Les croyances païennes, avec des fées, de l’émotionnel, de l’imaginaire, ce n’était plus possible.

 

 Le Moyen Age a vu la naissance de l’amour courtois, avec de nouveau des fées, Guenièvre, Mélusine…

D’ailleurs le premier roman de l’Histoire, c’est le mythe arthurien !

fées

Le Roi Soleil est ensuite arrivé, avec le siècle des Lumières… Tellement brillant qu’on en était éblouis.
Et là, des femmes, telles que Mme de Beaumont, ont écrit la Belle et la Bête, ou encore Le Cabinet des Fées.

 

Puis, on passe au XIXème siècle.

Les gens quittent les campagnes pour Londres, tout est pollué, on vit dans le smog, au milieu des machines…

Et il y a un petit garçon, qui vit en Ecosse, avec son grand frère et sa mère.

Le jour, les deux enfants ont l’habitude de patiner sur le loch gelé à côté de chez eux, et le soir, leur Maman leur raconte des histoires de fées, de corsaires…

Un jour, le grand frère passe à travers la glace et se tue.
La mère ne raconte plus d’histoires, et le petit est comme orphelin par deux fois…

Alors, il tente de ressembler à son frère, il l’imite, il siffle comme lui, prend ses attitudes… Si bien qu’un jour, quand il va voir sa mère souffrante, elle s’exclame « C’est toi ! » auquel il répond « Non, ce n’est que moi. ».

Depuis ce jour là, J.M. Barrie ne grandit plus. Il s’enferme dans un monde imaginaire, il invente l’histoire de Peter Pan, qu’il présente à Londres, sous forme de pièce de théâtre.

théatre peter pan

Pendant le spectacle, Clochette avale une fiole de poison destiné à Peter Pan, mis entre ses mains par le Capitaine Crochet. La fée tintinnabule, s’éteint doucement, elle est sur le point de mourir.

Peter Pan s’adresse alors à la foule de Londoniens, qui ne rêvent plus depuis bien longtemps. Barrie est dans les coulisses.

« A chaque fois qu’une personne ne croit plus aux fées, c’est une fée qui meurt.  Vous voulez que Clochette meure ? »

Et c’est ainsi que les Londoniens se sont retrouvés à clamer « Moi j’y crois ! », « Je crois aux fées ! ».

 

Et on arrive à aujourd’hui. Que nous dit Harry Potter ?
Que l’école n’est pas que ce qu’on nous propose actuellement. Que la vie c’est le rêve. Et Dumbledore… c’est ça qu’on veut comme professeur !

Une petite mise en garde toutefois : les effets spéciaux ne doivent pas remplacer la vraie magie, la magie de l’intérieur…

Il ne faut pas faire du spectacle au détriment du message.

 

6) Quels sont vos projets en cours ?

Avec René Hausman, nous avons fait L’Elféméride, chez Hoëbeke, qui est un album illustré. Nous racontons les légendes des saisons, les contes liés aux plantes, aux arbres… Nous avons déjà fait l’hiver et l’automne, il nous reste les deux autres saisons à faire ! Il y a aussi L’Effroyable Encyclopédie des Revenants avec Black’Mor et son épouse.
Attention, ce ne sont pas des fantômes ! Les fantômes sont des bruits, des bruissements, des ombres… c’est évanescent. Les revenants sont des morts qui reviennent en corps et encore !
Je m’attèle aussi au légendaire scandinave avec une encyclopédie sur les fées et les lutins chez Hoëbeke.
Toujours chez le même éditeur, God Save the Crime, qui relate un amour jusqu’auboutiste à l’époque victorienne. Comment devient-on Jack l’éventreur par amour ?

Enfin, au Lombard, je prépare un western, Sykes, avec Dimitri Armand, et aussi un titre, Les Sans-Visage, une histoire romanesque pendant la guerre de 30 ans.

 

fin capitaine trefle

 

  |  LA LÉGENDE DU CHANGELING : L'INTERVIEW DE PIERRE DUBOIS !